L’otarie s’en moque et le phoque en rit

Annie Morin / Gilles Tessier, Annie Morin


Entre l’océan et le ciel
Se forment des rhizomes en dentelle
Les cygnes trompettes y font trempette
Pour la cueillette d’herbes vertes

Heureux de se faire décoiffer
Sous l’effet du grand vent salé
Les macareux fiers et huppés
Se font des concours de beauté

Les macareux rhinocéros
Rient un peu des baleines à bosse
Qui ont l’air de vouloir voler
Avec leurs nageoires agitées

Un canard plongeur arlequin
Fait son spectacle sous-marin
Il surprend un bon vieux maquereau
Qui espionne les harengs sous l’eau

Joue contre joue des loups ocellés
Couvent leurs œufs de loups bien cachés
La loutre s’émancipe en musique
En rythmant la côte pacifique

Enjoué, un garrot à œil d’or
Veut déployer ses ailes sonores
Et puis les vagues s’entrechoquent
En se dandinant sur le roc

L’otarie s’en moque et le phoque en rit
L’otarie s’en moque et le phoque en rit

Les huîtres offertes en table d’hôte
Pour les huîtriers garde-côte
Retiennent leurs muscles de mollusque
Pour éviter qu’on les déguste

À l’aube des matins pacifiques
Les stariques deviennent hystériques
C’est l’heure des pétrels à cul blanc
De retourner dormir au camp

Rassemblés sur les échoueries
Les phoques et puis les otaries
Applaudissent les badineries
D’un concert sur le roc

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